La biodiversité marine

L'État de la biodiversité marine en France

La France, avec ses territoires d’outre-mer, occupe la seconde place en termes de domaine maritime et cela sur les trois océans et les mers de la planète ainsi que la troisième place mondiale en termes de superficie de récifs coralliens (55 000 km2).

Comme pour l’ensemble du patrimoine naturel marin et de la biodiversité marine, la France occupe une place prépondérante en matière de biodiversité des mammifères marins en conséquence de l’étendue et de la diversité climatique et écologique des habitats inclus dans les zones sous juridiction nationale qui bordent les territoires métropolitains et d’outre-mer.

Environ la moitié de la biodiversité mondiale de ces espèces est présente dans ces habitats.

Une part importante de cette biodiversité est associée à l'outre-mer et résulte de l’immense diversité biogéographique que ces départements et territoires représentent.

Toutefois, dans le contexte européen, les eaux métropolitaines sont également remarquablement diversifiées dans le domaine des mammifères marins car elles rassemblent elles aussi, à cette échelle géographique, une grande diversité d’habitats : Mer du nord, Manche, Atlantique, Méditerranée, d’une part, domaines côtiers variés, plateau continental étendu ou au contraire étroit, talus continental et canyons sous-marins, habitats océaniques, d’autre part, sont inclus dans la Zone Économique Exclusive métropolitaine.

Une situation préoccupante

Pour les écosystèmes et les espèces marines, la situation est préoccupante : coraux et algues sont, dans certaines zones du moins, en régression, et les communautés de poissons marins dans les eaux métropolitaines sont altérées et/ou dégradées.

De nombreux stocks de poissons marins dans les eaux métropolitaines sont altérés et 107 espèces marines sont inscrites sur la liste rouge des espèces menacées UICN. Parmi les espèces dont les stocks sont altérés, se rencontrent notamment l’anchois, le thon rouge en Méditerranée, le merlu ou encore la dorade rose et le grenadier de roche. Il faut préciser que 25 à 30% des captures des navires français sont réalisées dans les eaux françaises, 50 à 55% dans celles d’Etats membres de l’Union européenne, le reste dans celles d’Etats tiers. De même, des navires d’autres pays viennent pêcher dans les eaux françaises.

Les espèces du domaine méditerranéen sont dans un état de conservation mitigées. Pour les mammifères dont l'état de conservation est connu (3 sur 16), deux espèces sont dans un état de conservation mauvais : le Roqual commun (balaenoptera physlaus) et le Dauphin commun (delphinus delphis) et une espèce dans un état favorable, le Dauphin bleu et blanc (stenella coeruleoalba). Dans le domaine atlantique, l'état des espèces est mal connu excepté pour trois espèces dont l'état de conservation est favorable : Phoque gris (Halichoerus grypus), le phoque commun (Phoca vitulina) et le marsouin commun (Phocoena phocoena).

Les principales menaces pesant sur la diversité biologique marines et côtières

Les menaces impactant la biodiversité marine sont nombreuses :

  • L'urbanisation: La situation du littoral est préoccupante avec 60% des côtes françaises touchées par l'urbanisation des espaces naturels contre 39 % en 1960. 3400 hectares ont ainsi été artificialisés entre 1990 et 2000 dans une bande de 1km au bord du rivage ;
  • Les effets du changement climatique commencent à se faire sentir: on constate notamment un remplacement des espèces à affinité tempérée froide par des espèces à affinité tempérée chaude dans le golfe de Gascogne ou en baie de Vilaine. Le réchauffement climatique est une menace majeure en outre-mer particulièrement pour les récifs coralliens : blanchissement des coraux et hausse du niveau de la mer ;
  • Les activités humaines qui s’exercent en mer (pêche, transport maritime, exploitation des ressources du sous-sol…), et leurs risques associés (pollutions accidentelles, notamment, ou destruction des habitats) sont des menaces conséquentes. Ainsi, les poissons côtiers, comme la sole en baie de Somme, sont soumis à une forte pression de pêche. Il faut aussi prendre en compte la conséquence d’activités terrestres comme le rejet en mer (notamment par les fleuves ou via l’atmosphère) de substances dangereuses produites par des activités terrestres : plus de 80% des pollutions en mer sont d’origine terrestres ;
  • De nombreuses pressions pèsent en effet déjà aujourd’hui sur les récifs coralliens, dont de nombreuses personnes dans le monde dépendent soit pour leur alimentation, soit pour leur activité économique. La dégradation des récifs actuellement observée est due essentiellement aux activités anthropiques, alors que les conséquences du changement climatique sont mineures,à l'exception de phénomènes extrèmescomme l'été 1998ou des cyclones particulièrement violents ;